Palmarès "Industrie et Technologies" des écoles d’ingénieurs

Palmarès "Recherche et innovation" des écoles d’ingénieurs réalisé par « Industrie et Technologies » : les laboratoires de CPE Lyon -en co-tutelle avec le CNRS, l’Université Lyon 1 et l’INSA Lyon- performent sur le dépôt de brevets !


 

Classement global : l’école se classe à la 14e place, et au 1er rang des écoles associatives privées.


Découvrez le classement global Industrie et technologies

 
Chaque année, "Industrie et Technologies" classe les écoles d’ingénieurs selon trois critères pour son palmarès exclusif : le montant des contrats de recherche, le nombre de brevets déposés au cours des quatre années précédentes, et le nombre de doctorants et post-doctorants. Pour chaque critère, l’école la plus performante reçoit la note 100, et les autres sont notées au prorata.


 

Le classement découle de la moyenne de ces trois notes.
 
CPE Lyon, de par son statut de co-tutelle de plusieurs laboratoires à renommé internationale, monte sur le podium pour les dépôts de brevets !
> Dépôts de brevets : 2e rang
> Ecoles qui emploient le plus de doctorants : 20e place  
> Contrats de recherche : 45e rang
 

Les ondes gravitationnelles expliquées par un ancien de l’Ecole

Alban Remillieux, diplômé CPE Lyon - ICPI 1991 en section Electronique et Traitement de l’Information a toujours été attiré à la fois par l’ingénierie et par la recherche. Il poursuit donc naturellement sa formation d’ingénieur par une thèse de doctorat dans le domaine de l’opto-électronique où il développe un amplificateur à fibre optique pour les télécommunications, en collaboration avec Alcatel Alstom Recherche. Après avoir participé à la création du Laboratoire de Matériaux Avancés (LMA) et en avoir été le Directeur Technique, il est recruté en 2007 par le Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL) en tant que Directeur technique et chef de projet. Il continue néanmoins de collaborer avec le LMA dans le cadre d’un Laboratoire d’Excellence, le LabEx LIO (Lyon Institute of Origins). Nous le rencontrons aujourd’hui concernant les récentes découvertes d’ondes gravitationnelles, pour comprendre le phénomène, le rôle de son laboratoire et de ses recherches sur cette thématique. 
 
Le rôle du LMA dans la découverte des ondes gravitationnelles
 
« C’est en fait mon service militaire qui m’a orienté vers les ondes gravitationnelles. J’ai été scientifique du contingent à l’Institut de Physique Nucléaire de Lyon, dans un service spécialisé dans la réalisation de matériaux optiques de très haute qualité. J’y ai été recruté comme Ingénieur de Recherche au CNRS en 1997. Avec Jean-Marie Mackowski, qui était responsable de ce service, nous avons créé un nouveau laboratoire du CNRS, le Laboratoire de Matériaux Avancés (LMA), doté d’une infrastructure entièrement dédiée à la réalisation de traitements optiques de grande dimension (jusqu’à 0,8 m) et de très faibles pertes (de l’ordre de la ppm). Ma contribution dans ce domaine de recherche a concerné la modélisation de la chambre de déposition où sont réalisés les traitements optiques et le développement de techniques de masquage pour obtenir une uniformité d’épaisseur des optiques de l’ordre du nanomètre.
J’ai aussi contribué à développer de nouveaux bancs de métrologie optique, uniques par leurs dimensions et leurs performances, afin de caractériser, en autres, les optiques du projet européen Virgo.
Le LMA a en effet réalisé dans ce cadre, en 2005, une antenne constituée d’un interféromètre de Michelson, dont les bras longs de 3 km sont destinés à détecter des ondes gravitationnelles. 
 
J’ai aussi contribué à un programme de R&D pour le projet LIGO, équivalent américain de Virgo. Le programme consistait à améliorer les optiques de deux antennes gravitationnelles géantes existantes (bras de 4 km), et réaliser au final une version 10 fois plus sensible. Ce programme a permis au LMA d’être sélectionné pour la réalisation des optiques de grandes dimensions (35 cm de diamètre, 40 cm d’épaisseur) de LIGO et ce sont ces optiques-là, qui ont pour la première fois détecté des ondes gravitationnelles le 14 septembre dernier !
 
En 2007, j’entre au Centre de Recherche Astrophysique de Lyon pour y assurer la fonction de Directeur technique et chef de projet. J’ai ainsi travaillé pour l’instrument MUSE qui a été piloté par le CRAL et installé au Very Large Telescope au Chili en 2014. Mon projet aujourd’hui est l’instrument HARMONI qui sera l’un des deux premiers instruments qui équipera à l’horizon 2025 l’Extremely Large Telescope qui sera le plus grand télescope (39,4 m de diamètre). »
 
La découverte d’ondes gravitationnelles, kezako ? 
 
« Jusqu’à présent, et depuis que Galilée a pointé sa lunette astronomique vers le ciel en 1609, nos instruments n’ont détecté que des ondes électromagnétiques, des photons, pour observer et comprendre l’Univers. Depuis le 14 septembre 2015, un nouveau type d’ondes en provenance de l’Univers a été directement découvert pour la première fois, des ondes gravitationnelles. Ces ondes ont été prédites il y a 100 ans, en 1916, par Albert Einstein, 1 an après sa formulation de la théorie de la relativité générale. Elles sont d’une amplitude très faible et ne peuvent être détectées qu’en provenance de masses extrêmement importantes et denses, en mouvement rapide et accéléré. Elles se déplacent à la vitesse de la lumière et déforment l’espace-temps. L’ordre de grandeur de la déformation est de 10-19 m ! Les premières expériences de détection des ondes gravitationnelles datent des années 1960. Ce n’est que dans les années 2000 que les premières expériences utilisant un interféromètre géant de Michelson pour mesurer la variation de distance ont fonctionné. Le défi technologique est immense, il revient à mesurer la distance terre-soleil avec la précision d’un petit atome. 
Les antennes gravitationnelles géantes (Virgo, LIGO notamment) ont fonctionné de 2002 en 2011, mais sans succès. Un programme d’amélioration de la sensibilité a eu lieu ces dernières années, et au printemps dernier, une nouvelle génération d’optiques réalisées au LMA a été livré à LIGO, puis à Virgo.
 
En septembre 2015, LIGO a été la première antenne à être opérationnelle et a eu la primeur de la grande découverte. Virgo fonctionnera conjointement avec LIGO cette année.
La découverte du 14 septembre dernier est extraordinaire à plusieurs titres  : il n’a pas été simplement observé des ondes gravitationnelles, il a aussi été pour la première fois observé la coalescence (fusion) de deux trous noirs. Ce phénomène avait été théoriquement prédit, mais jamais observé. Cela montre que les ondes gravitationnelles ont un pouvoir de découverte important et que ce qui est observé est complémentaire des ondes électromagnétiques. La sensibilité actuellement atteinte par les antennes gravitationnelles va permettre de nouvelles observations qui vont être prochainement publiées.
 
Sans cette découverte, les financements pour de nouvelles antennes encore plus sensibles telles que le projet sous-terrain E.T. (Einstein Telescope) ou avec un plus large spectre fréquentiel tel que le projet spatial eLISA auraient été difficiles à obtenir.
Aujourd’hui, la donne a changé et une nouvelle fenêtre s’ouvre sur l’Univers. Aucune lumière n’est sortie de l’Univers extrêmement chaud durant les 380 000 années qui ont suivi le bigbang et aucun de nos télescopes ne nous renseignera sur cette période. En revanche, une antenne gravitationnelle spatiale pourrait avoir accès à l’histoire de l’Univers durant cette période primordiale. »
 

La plaquette Recherche est disponible !

Nouveau : une Plaquette Recherche 
 
Un nouveau support est désormais disponible : une plaquette présentant et valorisant l’ensemble des activités de recherche menées à CPE Lyon, au sein des laboratoires dont l’école est co-tutelle.
 
La brochure principale est complétée, grâce à un rabat en fin de document, par 17 fiches indépendantes présentant les équipes et travaux de recherche des différents laboratoires, en chimie et sciences du numérique.
 
N’hésitez pas à demander des exemplaires de ce document au pôle communication, ou à la consulter en ligne. Retrouvez les fiches indépendantes présentant chaque laboratoire ici
 

L’Université Lyon 1 se distingue dans un classement international


L’Université Lyon 1, à laquelle est associée CPE Lyon, obtient de très bons résultats dans le classement "National Taiwan University ranking" * 2015, notamment dans les domaines "chimie" et "génie des procédés".


Elle pointe à la 158ème place, sur plus de 500 universités au niveau mondial. Elle est la 6ème université française sur les 22 faisant partie du classement.


Lyon 1 se démarque tout particulièrement dans le domaine de la chimie en étant 99ème au niveau mondial / 1ère au niveau français pour le domaine « Chemical engineering » et 87ème au niveau mondial / 3ème au niveau français pour « Chemistry ».


Ce résultat confirme la renommée internationale des laboratoires de chimie et de génie des procédés de l’Université Lyon 1, dont CPE Lyon est co-tutelle pour certains.


Accédez au classement.


Mené depuis 2010 par l’Université Nationale de Tawain, le « National Tawain University ranking » évalue la performance des articles scientifiques. Les critères sont basés sur la comparaison entre leur qualité et leur quantité, pour chaque université, en examinant les résultats et les efforts de recherche à long mais aussi à moyen/court terme.

Nouveau cycle de conférences

Durant les mois de mai et juin prochains auront lieu des conférences organisées par le Mastère Spécialisé "Génie des Procédés Biotechnologiques"

Retrouvez ici la présentation des intervenants

Pour vous inscrire 

Pour toutes questions : Jean Delaveau ou Angela Rea-Boutrois

Un nouveau labcom d’excellence C2P2/Activation



Un nouveau laboratoire commun C2P2/Activation (PME Villeurbannaise) va être lancé prochainement et sera financé par l’Agence Nationale de Recherche.
Le financement de l’ANR se fait en deux phases. Une première phase de 6-12 mois a débuté en avril, durant laquelle la convention de laboratoire doit être rédigée.
Après la signature de la convention, qui est prévue pour le mois de juin la deuxième phase de 30 mois débutera.
 
Rencontre avec Christophe Boisson, Directeur de Recherche CNRS au sein du laboratoire C2P2.
 
Activation, l’entreprise partenaire
 
ACTIVATION est une société spécialisée dans la recherche et la mise au point de conditions réactionnelles innovantes en chimie fine. Ils innovent pour la performance et la pérennité de procédés selon trois axes : nouvelles réactions, nouvelles technologies et matières premières renouvelables (bio sourcées). Par ailleurs l’intérêt est qu’Activation est une PME Villeurbannaise installée dans la pépinière d’entreprises près du Campus. Elle a été élue Pépite du Grand Lyon en 2013.
 
Une organisation commune
Le laboratoire commun sera localisé à la fois sur le site de CPE Lyon et d’Activation. Nous mettons en place un comité de direction qui se réunira a priori tous les mois et dont je serai le directeur. Au niveau du C2P2, 10 personnes sont impliquées faisant partie des deux équipes du laboratoire (CPP et COMS) et 4/5 du côté d’Activation. Au niveau du C2P2 nous allons embaucher un ingénieur de recherche pour une période de 30 mois sur l’aide de l’ANR et il est prévu qu’Activation recrute une personne d’ici fin 2016 pour travailler sur ce projet.




 
L’objectif du laboratoire commun
L’objectif du projet est de créer un laboratoire commun entre le C2P2 et la société Activation, dont l’ambition est de créer une chaîne de compétences centrée sur la catalyse de polymérisation des oléfines permettant le passage d’une échelle laboratoire au niveau TRL1-2 à un TRL 5-6. Le laboratoire permettra au C2P2 de se doter d’outils de polymérisation en continu et d’améliorer son parc d’équipement de réacteur de polymérisation. Par ailleurs, il bénéficiera d’un accès à une unité de synthèse mis en œuvre par Activation à l’échelle du Kg qui lui permettra d’intégrer la démarche du changement d’échelle dans ses études et de pouvoir valoriser ses propres découvertes. 
 
L’enjeu stratégique pour Activation consiste à ouvrir une nouvelle gamme de services dans le domaine des polymères et plus particulièrement des polymères obtenus par des procédés catalytiques. le LABORATOIRE COMMUN mettra en place une activité de prestation de service afin de répondre aux besoins spécifiques des clients (ou futurs clients) d’Activation.
 
L’objectif au terme du contrat de 3 ans est de pérenniser cette activité et de générer de l’embauche et de la croissance au sein d’Activation.
 

A week in the library can save a month in the lab !


Récemment l’équipe professorale de Chimie-Génie des Procédés a vu un de ses articles publié dans la revue de l’enseignement de la chimie « Journal of chemical education » pour un numéro spécial sur la recherche documentaire. Référence dans le domaine de la pédagogie de la chimie, c’est une revue de l’American Chemical Society (ACS).

L’article, à télécharger ici, part du proverbe : “A week in the library can save a month in the lab.” Christel Gozzi, enseignant-chercheur nous en dit plus au sujet de la recherche-documentaire.



 

« La « recherche littéraire » ou plutôt la recherche bibliographique est la base de toute étude scientifique, elle nous permet de faire un point sur l’existant sur ce qui a déjà été étudié et/ou trouvé. Cela nous permet alors d’imaginer de nouvelles solutions. Les étudiants ont parfois du mal à gérer cette recherche, Wikipedia est un outil important de « vulgarisation » mais n’a pas la fiabilité des publications scientifiques qui seules peuvent nous servir pour des travaux de recherche ou dans le cadre de la propriété intellectuelle.

 
Lorsque l’on cherche de l’information il y a plusieurs facteurs importants à prendre en compte dont en premier lieu la fiabilité des informations. Pour cela, nous les initions aux bases de données scientifiques comme REAXYS ou SCIFINDER qui sont des références en chimie. Ensuite savoir poser la question dans une base de donnée demande d’avoir réfléchi un peu en amont pour éviter les résultats à 500000 réponses ou à 0. Dans les deux cas on est bloqué. La "génération Wikipédia" a tendance à foncer un peu tête baissée et se retrouve souvent devant ce problème. Nous leur montrons comment l’éviter et gagner du temps et être efficace dans la recherche d’information.

La méthode apprendre/appliquer vient des évolutions faites sur ces modules d’enseignement. Avant, les étudiants en janvier de leur 1ère année faisaient un TP de 4h à la bibliothèque très fastidieux, ils découvraient des outils dont ils auraient eu besoin dès le 1er semestre et d’autres qu’ils n’utilisent qu’au semestre 8 (autant dire qu’ils ont tout oublié d’ici là ! ). Les TP ont donc été découpés en 2 séances de 2h au début de chaque semestre et sont consacrés à des outils de recherche documentaire qu’ils auront à utiliser dans le semestre soit pour les TP au S5, les projets de chimie organique au S6 ou les projets d’industrialisation au S8. Ils apprennent et appliquant dans la foulée pour pratiquer, ce qui leur permettra de mieux retenir les méthodes et outils.

Cette publication a été rédigée suite à une invitation du « Journal of chemical education » pour un numéro spécial sur la recherche documentaire, il m’a semblé intéressant de pouvoir échanger avec la communauté enseignante en chimie mondiale sur nos méthodes d’enseignement. En effet, l’enseignement de CPE Lyon est pluridisciplinaire ce qui n’est pas si fréquent car souvent les spécialisations sont fortes et ont lieu très tôt. Nous avons à développer des outils dans les domaines variés de la chimie moléculaire, les sciences analytiques et le génie des procédés ce qui nous permet d’échanger avec de nombreux enseignants."
 

Université Lyon 1 : première université française de dépôts de brevets


L’Université Lyon 1 compte 68 laboratoires, dont plusieurs sont en co-tutelle avec CPE Lyon.


Entre 2011 et 2015, 274 brevets ont été déposés ! Ce qui place l’université en 1ère place au niveau national.


 

Synthèse de son associée à la modélisation de papiers virtuels

La semaine dernière Damien Rohmer, du pôle « Image, Modélisation, Informatique » de la filière Sciences du numérique de CPE Lyon a présenté avec son équipe de recherche un article accepté à la conférence internationale d’animation 3D “Symposium on Computer Animation” à Zurich. Cet article concerne la synthèse du son de froissement et de friction en temps réel pour des modèles de papiers virtuels. Ce travail pourrait notamment trouver des applications dans le domaine du jeu vidéo ou de la réalité virtuelle afin d’améliorer le réalisme des scènes virtuelles. L’article est à lire ici.



 
Pour cet article écrit en collaboration entre CPE Lyon, l’Université et l’Inria de Grenoble et l’Université de Stanford, ils se sont vu décerner le prix du meilleur papier scientifique 
 
De plus, cet article se base sur un modèle géométrique d’animation interactif de papier froissé, que l’équipe a également développé, et qu’elle présente cette semaine à SIGGRAPH (24-28 juillet) à Los Angeles, conférence la plus prestigieuse et sélective du domaine de l’informatique graphique. 

Fabien Toulgoat, enseignant-chercheur CPE Lyon a obtenu la reconduction d’une bourse CNRS "accueil en délégation".


Interview :

"Mon accueil en délégation CNRS qui avait commencé en septembre 2015, a été reconduit pour l’année 2016-2017.
 
Pour cela, j’ai proposé un projet de recherche qui a été une nouvelle fois retenu par le CNRS. Ceci me permet donc de mener ce projet au sein de l’équipe du Dr. Thierry Billard, directeur de recherche CNRS, à l’ICBMS (UMR 5246 - CPE Lyon, CNRS, UCBL, INSA Lyon).
 
Ce projet concerne la synthèse de composés fluorés, composés incontournables dans des domaines aussi variés que les matériaux, l’agrochimie ou la pharmacie.
En effet, le fluor ne se trouve pas uniquement dans le dentifrice ! Par exemple, environ 20% des produits pharmaceutiques qui sont mis sur le marché chaque année contiennent au moins un atome de fluor, dont certains « blockbuster » tels que le prozac (anti-dépresseur) ou l’atorvastatin (anti-cholestérol qui était la meilleure vente de médicaments en 2008). 
 
L’importance de ces travaux se reflète également par nos récentes publications : Une revue publiée en 2014 (F. Toulgoat, S. Alazet, T. Billard, Eur. J. Org. Chem. 2014, 2415-2428) a été qualifiée de « Highly Cited Paper » (car elle est déjà citée plus de 100 fois par d’autres chercheurs) et une autre revue vient d’être publiée dans un très bon journal : « Angewandte Chemie, International Edition » (A. Tlili, F. Toulgoat, T. Billard, Angew. Chem. Int. Ed, 2016, 55, 11726–11735)."

Fabien Toulgoat est enseignant-chercheur à CPE Lyon en chimie organique.
 

Fabien Toulgoat, enseignant-chercheur à CPE Lyon, co-auteur d’un chapitre du livre « Modern Synthesis Processes and Reactivity of Fluorinated Compounds ». Il nous en dit plus


Fabien Toulgoat, enseignant chercheur en chimie à CPE Lyon, en collaboration avec Thierry Billard, Directeur de recherche CNRS à l’ICBMS, a rédigé un chapitre du livre "Modern Synthesis Processes and Reactivity of Fluorinated Compounds", édité par Henri Groult, Frederic Leroux et Alain Tressaud pour Elsevier.


Fabien nous en dit plus sur cette publication...


"Il s’agit d’un livre qui fait le point sur les dernières avancées dans le domaine de la chimie du fluor. Les caractéristiques de l’atome de fluor en font un élément unique, capable de modifier fortement la réactivité des molécules qui possèdent cet atome mais aussi de leur conférer des propriétés intéressantes. Ainsi, les composés fluorés sont à l’origine de progrès remarquables dans des domaines variés, allant des sciences du vivant jusqu’aux matériaux (médicaments, produits phytosanitaires, cristaux liquides, produits de réfrigération, matériaux anti-adhésifs, textiles…).


Chaque chapitre a été écrit par des spécialistes de la chimie du fluor issus du monde académique ou industriel. Compte-tenu de sa place incontournable dans le domaine, la chimie lyonnaise est représentée dans ce livre aux côtés de chercheurs et d’équipes de recherche provenant du monde entier (USA, Europe, Chine, Japon…)


Le chapitre que nous avons rédigé concerne la synthèse de composés possédant un groupement trifluorométhyl thiol (CF3S-). L’association des atomes de fluor à un hétéroatome (ici, le soufre) permet d’obtenir des composés possédant des propriétés remarquables notamment biologiques (pour des applications en pharmacie, ou en agrochimie). D’ailleurs, la synthèse de ces composés reçoit une attention importante de la communauté scientifique depuis 2008 comme en témoigne le nombre croissant de publications traitant de ce sujet et que Thierry Billard et moi avons étudié pour rédiger le chapitre en question."

Entretien avec Stéphane Cadot, diplômé en chimie en 2012, actuellement ingénieur de recherche au CEA, qui a participé à la rédaction d’un article dans la célèbre revue Nanoscale


Entretien avec Stéphane Cadot, diplômé en chimie en 2012, actuellement ingénieur de recherche au CEA, qui a participé à la rédaction d’un article dans la célèbre revue Nanoscale


Pourrais-tu nous présenter ce travail qui a débouché sur l’article ?
Il s’agit d’un projet démarré en 2012 dans le cadre de la collaboration entre le CEA LETI et la plateforme nanochimie du laboratoire C2P2 visant à mettre au point un procédé d’élaboration de monocouches de sulfure de molybdène (MoS2), autrement dit parvenir à recouvrir une surface avec une couche uniforme ne mesurant que 3 atomes d’épaisseur.
Ce matériau, qui d’un certain point de vue pourrait s’apparenter à un homologue inorganique du graphène, possède des propriétés électroniques uniques (semiconducteur 2D à gap direct) qui pourraient permettre de repousser les limites de la miniaturisation auxquelles les dispositifs électroniques basés sur le silicium sont actuellement confrontés.


L’article en lui-même : que présente-t-il ?
Il présente le procédé mis au point pendant ma thèse et qui a permis d’obtenir ces monocouches de MoS2 sur wafers de silicium grâce à un procédé séquentiel de dépôt en phase vapeur (appelé procédé ALD, de l’anglais Atomic Layer Deposition). Concrètement, deux molécules volatiles et extrêmement réactives - disons A et B - sont transportées séquentiellement sous forme de gaz vers la surface du substrat à recouvrir et vont s’y greffer chimiquement pour former une couche solide ABABA... L’épaisseur de la couche peut être ajustée avec une précision atomique en faisant varier le nombre de fois où la surface est exposée à la séquence [molécule A / molécule B] ce qui rend cette méthode particulièrement adaptée au dépôt de couches extrêmement minces et uniformes.
L’originalité du travail présenté dans ce papier réside dans le fait que l’ALD n’avait jamais été utilisée auparavant pour la synthèse de matériaux 2D puisque ces derniers ont la particularité d’être en "lévitation électrostatique" au-dessus du substrat et donc de ne pas présenter de liaisons chimiques avec ce dernier. Nous avons pu contourner cette problématique en déposant non pas directement MoS2, mais un thiolate amorphe de molybdène qui a la particularité de se décomposer au-delà de 300°C pour former des cristaux de MoS2. Dans notre cas, le dépôt de thiolate de molybdène obtenu par ALD était suffisamment fin et uniforme pour former, après traitement thermique, une monocouche de MoS2 recouvrant l’intégralité du substrat.


Quel est l’intérêt d’un tel article en terme de recherche, et que représente-t-il pour toi ?
Au-delà d’un procédé qui fonctionne, cet article illustre bien le fait que l’interdisciplinarité est source d’innovation puisqu’elle permet de sortir des schémas préétablis. Dans le cas présent, l’ALD est une méthode communément utilisée dans les procédés de fabrication des circuits intégrés mais pour un physicien de la matière condensée, l’utiliser pour la synthèse de matériaux 2D serait certainement apparu comme un non-sens.
Un chimiste se serait quant à lui sans doute tourné vers des procédés d’imprégnation ou de dépôts sol-gel qui n’auraient jamais permis l’obtention d’une monocouche uniforme. Il est donc à mon sens important de décloisonner les différents domaines de la recherche scientifique, et de permettre, via des collaborations telle que celle existant entre le CEA et le laboratoire C2P2, l’interaction entre des chercheurs de divers horizons et formations.


Est-ce que faire la couverture est également une reconnaissance en tant que telle ? Comment ça se passe pour obtenir la couverture ?
Lorsqu’un article scientifique est accepté, l’éditeur peut proposer à l’auteur de faire une couverture s’il estime que la thématique de l’article s’y prête. Ce n’est donc pas une reconnaissance en tant que tel, et indique tout au plus que la thématique abordée suscite suffisamment l’intérêt de la communauté scientifique pour apparaître en première page d’un recueil d’articles. En revanche, obtenir une couverture donne davantage de visibilité à l’article et donc à ses auteurs.


Quels sont tes activités/thèmes de recherche actuelles ?
Depuis début janvier, je travaille comme ingénieur de recherche au CEA LETI à Grenoble afin de poursuivre le développement du procédé de dépôt de MoS2 ainsi que son déploiement à l’échelle industrielle.


L’article peut être consulté via le lien suivant :
http://dx.doi.org/10.1039/C6NR06021H

Séquence « immersion » dans les labos de chimie analytique de CPE Lyon !


A l’occasion des projets scientifiques menés par les élèves -ingénieurs chimistes d’année 4, jetons un œil dans les labos d’enseignement de chimie analytique, pour prendre connaissance de deux projets axés microbiologie.


Marine, Clémence, Kirthana et Josselin, tous les 4 en double diplôme ingénieur –pharmacien, travaillent sur un projet en collaboration avec l’Université croate de Zagreb. Ils ont 1 mois ½, à raison de deux jours par semaines, pour optimiser la culture de la micro-algue "Euglena gracilis", riche en protéines, dont l’utilisation peut intervenir dans des applications médicales.


Leur étude comporte deux axes :


Optimiser les conditions de culture de la micro-algue à partir des échantillons envoyés par l’Université de Zagreb. La micro-algue, qui est classiquement cultivée par simple exposition à la lumière du jour, a une durée de croissance de 2 semaines. Il s’agit ici de la réduire à 1 semaine en testant plusieurs paramètres : le mode d’agitation des micro-algues, une régulation de la température grâce à la culture dans une étuve ou bien le choix du type de lumière via l’ajout de lampes dans l’étuve…
Objectif atteint puisque l’équipe a déjà réussi à réduire la phase de croissance à 6,25 jours en conservant les paramètres de croissance !


Travailler sur la méthode de suivi de la croissance, notamment par le comptage cellulaire au microscope . Différentes autres méthodes complémentaires sont en cours d’évaluation via des prélèvements quotidiens.


Quelques résultats intéressants ont d’ores et déjà vu le jour. Ils seront consignés dans un rapport en anglais, et envoyés à l’Université de Zagreb.



Un deuxième groupe, constitué de Lucie, Pauline et Laura, travaille, lui, sur des micro-organismes capables de dégrader des hydrocarbures, sur un sujet proposé par une entreprise de conseil dans la dépollution des sols, Golder Associates.


Leur mission est d’évaluer le potentiel d’une nouvelle méthode de dépollution des sols contaminés. Cette méthode consiste à cultiver les microorganismes du sol capables de dégrader les polluants, de les produire en grande quantité pour pouvoir les ré-injecter sur les sites pollués par la suite.


Pauline, Lucie et Laura s’attèlent donc depuis quelques semaines à extraire les microorganismes capables de dégrader ces hydrocarbures des échantillons de sols pollués reçus de l’entreprise. L’objectif est de les mettre en culture dans différentes conditions, de suivre l’évolution de ces cultures et de tester des méthodes pour optimiser leur croissance cellulaire…
Deux paramètres ont pour l’instant été testés pour multiplier le nombre de micro-organismes dans les cultures : l’introduction d’oxygène et l’élévation de la température. Bientôt les conclusions finales !


Ces nouvelles pistes feront l’objet d’un rapport, en français cette fois, à l’attention de l’entreprise.