Portrait de diplômée : Laure Belot aujourd’hui Journaliste au Monde

Diplômés

Rencontre avec Laure Belot, diplômée ICPI – CPE Lyon 1989… et aujourd’hui Journaliste au Monde. Son parcours casse les codes et montre que tout est possible après un diplôme d’ingé ... et même devenir journaliste ! Elle revient sur sa carrière pour nous :
 
Crédit photo : Quintin Leeds


 

Des expériences variées qui m’ont forgée
Je garde un très bon souvenir de mes études lyonnaises à CPE Lyon (ICPI) qui n’étaient, mais je ne le savais pas encore, que le début de mon cursus. Avec le recul, je vois ces années comme une période d’ouverture qui m’a permis de mieux me connaître. J’ai le souvenir de certains professeurs particulièrement inspirés et de stages marquants. À l’Université du Technion à Haïfa (Israël), j’ai travaillé pendant plusieurs mois pour maximiser les pertes thermiques des vaches israéliennes... L’Université s’était trompée d’affectation et m’avait orientée en « agricultural engineering ». Une expérience unique ! 
 
Pour mon projet de fin d’études de 6 mois, au centre de recherche en biotech de Shell au Royaume-uni, j’ai participé à un programme d’ultrafiltration permettant l’obtention de médicaments avec moins d’effets secondaires. 
 
Mais c’est justement ces stages, aussi intéressants fussent-ils, qui m’ont permis de me confronter à la réalité du travail d’ingénieur. J’ai compris qu’il fallait que je continue à chercher ma voie...Et j’ai mis quelques années à me trouver.
 
Après mon diplôme, j’ai passé le concours de l’ESSEC en admission sur titre. Un cursus qui permet de faire en deux ans les trois années de l’école. J’ai ensuite, pendant 6 ans, exercé le métier de conseil en stratégie, ce qui m’a permis de beaucoup voyager, de travailler dans de multiples secteurs d’activités...et aussi de rembourser assez vite mon emprunt universitaire. Puis j’ai passé, en candidat libre, un concours de reporter dont j’ai été finaliste. C’était le début d’une nouvelle aventure. Qui m’a permis d’arriver au quotidien Le Monde.
 
Une curiosité aiguisée
J’aime enquêter, trouver des idées et des points de vue différents. Au fil des années, je me suis spécialisée sur les phénomènes émergents dans la société. J’aime traquer les signaux faibles. Ces petites informations qui, mises bout à bout, donnent à penser vers où la société va. C’est par exemple en enquêtant sur l’impact du numérique dans nos vies, sur cette accélération du monde, fulgurante par rapport au temps de construction de la société, que j’ai écrit le livre "La déconnexion des élites : Comment Internet dérange l’ordre établi". Un livre dont l’accueil m’a d’ailleurs amené depuis deux ans à multiplier les conférences auprès d’entreprises, d’associations, de syndicats, institutions...pour parler du monde qui vient. 
 
Les différentes études que j’ai pu suivre sont autant de portes que j’emprunte pour enquêter de façon assez transversale sur des sujets émergents. J’aime les pas de côté, voir les choses sous un autre angle...Et mon histoire personnelle, tout comme mes études très diverses, m’y aident clairement.
Je viens d’ailleurs d’enregistrer un TedX à Belfort, « Comment reconnecter les élites ? » où j’aborde cette question. 
 
Mon conseil ? Aller de l’avant, en multipliant les expériences et les contacts 
Ce n’est pas évident de donner des conseils...alors même que j’ai mis du temps à me trouver ! Nous vivons dans un monde en mutation. Il s’agit donc d’apprendre à bien se connaître pour faire ensuite les choix qui nous correspondent le mieux. Le premier conseil serait d’aller à la rencontre des personnes qui exercent un métier qu’ils aiment. Pour les faire parler d’eux, et du plaisir qu’ils prennent. Le second est de multiplier les expériences professionnelles les plus diverses, par les stages notamment, afin de se confronter à de multiples univers de travail (start-up, grands groupes..) et saisir l’environnement qui nous correspond le mieux.
Enfin, les futurs diplômés ne sont qu’au début de leur aventure professionnelle. Une aventure qui ne va pas être linéaire. Dans ce monde qui évolue vite, ils possèdent un atout très important. Ils ont, par leur cursus, appris à apprendre. Et cette qualité est précieuse. Je les encourage à rester curieux des autres disciplines. C’est cette capacité d’ouverture qui va leur permettre de travailler avec des personnes de formations très diverses et de s’adapter à des environnements multidisciplinaires, une compétence clé désormais. 
 
Si ce thème les intéresse, j’encourage d’ailleurs les futurs diplômés à venir en février à O21, un événement pour les aider à s’orienter organisé par le Monde. Ce rendez-vous, initié par Emmanuel Davidenkoff et dont j’ai la responsabilité éditoriale, se passe les 15 et 16 février prochains au TNP de Villeurbanne.