Quelques témoignages

MANON MANARANCHE

STAGE A Sumitomo Seika Chemicals, JAPON : 

CHIMIE - GENIE DES PROCEDES


 

Je m’appelle Manon, j’ai 22 ans. Mon parcours est assez classique : j’ai été admise à CPE Lyon en formation d’ingénieur « Chimie - Génie des Procédés » après deux ans à la Prépa associée CPE Lyon. 
 
A la question : pourquoi la chimie ? Je répondrai : parce qu’elle est partout et qu’elle permet de travailler dans des domaines extrêmement variés. De l’environnement, à la santé, aux matériaux, à la cosmétologie,… les choix ne manquent pas !
 
CPE Lyon s’est démarquée parce qu’elle propose une année en entreprise et à l’étranger. Cette expérience est un atout non négligeable quand on est un jeune ingénieur fraîchement diplômé, on peut déjà témoigner d’une expérience significative. 
 
Je suis actuellement en année de césure au Japon à Harima Cho, dans l’entreprise Sumitomo Seika Chemicals, département des nanotechnologies. Spécialisée dans les polymères, Sumitomo travaille sur les nouveaux matériaux et les produits de beauté. L’un des produits, et c’est celui sur lequel je travaille, est un copolymère utilisé comme liant dans les batteries de portable et de voiture notamment. Mes objectifs sur cette année sont d’améliorer ses propriétés électriques et rhéologiques.
 
J’ai postulé à Sumitomo par intérêt pour le projet et pas forcément par intérêt pour le pays. Je n’avais aucune affinité particulière pour la culture japonaise avant de partir ici. On peut parler d’une immersion totale ; je ne travaille qu’avec des japonais et suis l’unique stagiaire ! 
 
Après mon arrivée à 8h30 le matin, il y a un rituel notable : la séance de 5 minutes d’exercice (200 personnes en uniforme faisant des étirements !).
 
Tout est différent ici et particulièrement la façon de travailler. Les japonais sont réputés pour leur assiduité au travail… et ce n’est pas une légende. Là où en Europe tout est misé sur la productivité, les japonais préfèrent prendre leur temps, ce qui limite aussi le risque d’erreur.
Une autre différence majeure est la notion du vivre ensemble, où le collectif prime sur l’individu. Ils acceptent plus de se reposer sur les connaissances des autres en admettant ne pas tout savoir. Ils s’écoutent davantage, notamment en réunion : 50 personnes et pas un bruit sauf celui qui parle !
 


 
Personnellement, je gagne en organisation, en ouverture d’esprit et en remise en question. Il faut accepter que leur façon de fonctionner ne soit pas la nôtre. On se rend compte également qu’on peut communiquer sans parler la même langue. Les japonais parlent peu anglais et mon niveau de japonais est à … améliorer ! La barrière de la langue a été un vrai problème au début et l’est encore maintenant. 
Il y a encore peu d’étrangers au Japon, on se sent souvent « regardés », surtout dans les transports. Mais cela révèle plus de la curiosité : par ailleurs, le pays tente de s’ouvrir en accueillant de plus en plus d’internationaux.

On pourrait résumer en disant que c’est une culture toute en ambiguïtés, à la fois chaleureuse et distante avec une histoire et une gastronomie extrêmement riches !