Quelques témoignages

JULIEN GARDE

STAGE AU BROAD INSTITUTE , ETATS-UNIS : 

CHIMIE - GENIE DES PROCEDES

Je m’appelle Julien, j’ai 25 ans. Très jeune, j’ai toujours eu cette volonté de fabriquer des médicaments et d’apporter ma petite pierre à cet édifice colossal qu’est la santé. Après mon baccalauréat, je me suis tourné vers un IUT chimie, puis j’ai intégré le parcours ingénieur de CPE Lyon pour sa majeure en biotechnologies (car j’en avais marre de ne faire que de la chimie), son ouverture internationale, sa vie étudiante et enfin parce que c’est à Lyon.
 
Je suis actuellement en année de césure à Boston, où je travaille au « The Eli and Edythe L. Broad Institute of MIT and Harvard » ou plus simplement le Broad Institute. Le Broad est plus un centre de recherche académique qu’un gros laboratoire pharmaceutique. Ici les biologistes (1200) sont à l’honneur, comparés aux chimistes (200). J’ai été intégré dans un projet de chimie médicinale en partenariat avec Bayer Health Berlin. J’ai pour but de développer, synthétiser et optimiser une nouvelle molécule capable d’inhiber une cible thérapeutique prometteuse dans le domaine de la lutte contre le cancer. Ce projet est idéal pour moi et en phase avec mon objectif de synthétiser un médicament, car il est très avancé, prometteur et il va peut-être aboutir à la commercialisation d’un médicament. Un brevet est actuellement en train d’être rédigé pour protéger la molécule car la concurrence est très forte sur la cible thérapeutique du projet.


Quand je suis arrivé, une molécule avait déjà été développée mais ses propriétés n’étaient pas suffisantes pour que celle-ci aille en essai clinique. Une voie de synthèse était déjà établie, mais il fallait l’améliorer, de même que la molécule. J’ai donc travaillé sur l’optimisation de deux parties de la molécule, ainsi que de la voie de synthèse. Toutes les deux semaines, on discute des résultats biologiques et des futurs composés à faire avec Bayer en vidéoconférence, mais aussi au quotidien avec les chimistes du laboratoire.


Très concrètement, ma journée type commence à 9h et finit à 17h. Ma mission consiste à vérifier mes réactions, les traiter, en lancer des nouvelles et les analyser pour déterminer si l’on obtient le produit désiré, une bonne pureté, un bon rendement. Certaines réactions prennent la journée à traiter et à purifier alors que d’autres ne prennent qu’une heure, mes journées varient donc en fonctions de l’échelle, du nombre et du type de réactions que j’effectue.
 
Je voulais vraiment trouver ma césure aux USA, j’avais l’objectif depuis longtemps d’y travailler, car c’est pour moi la meilleure destination pour évoluer dans le domaine pharmaceutique. C’était aussi la seule entreprise à me proposer une césure en chimie médicinale. Mais après plusieurs mois, je dois dire que la France me manque beaucoup, ainsi que ma famille et mes amis… La nourriture, la culture, la manière de penser sont différentes, et demandent un temps d’adaptation.
Comparés aux entreprises françaises, les horaires ici sont assez flexibles, certains employés arrivent tard le matin mais repartent plus tard le soir et inversement pour d’autres. La mentalité est vraiment cool et relax, plusieurs « activités » sont organisées tout au long de l’année (journée ski, match de basket, de baseball). Il y a beaucoup de « social », comme par exemple de la nourriture et des boissons gratuites sur une thématique après de grosses réunions, c’est un peu « après l’effort, le réconfort » ! Cela permet en réalité de rencontrer pas mal de gens et de sympathiser. Beaucoup de conférences sur la biologie, la génétique d’un niveau très poussé sont organisées, grâce à l’affiliation du Broad au MIT, Harvard et tous les hôpitaux de Boston. On est fortement encouragés à aller assister à celles qui nous intéressent, y compris pendant nos heures de travail. Cela nous permet de voir au-delà de la chimie, d’en apprendre plus sur la biologie, la génétique, la médecine et d’être au courant des dernières avancés dans ces domaines.
 


Avant cette césure, je savais ce que je voulais faire mais je n’avais pas vraiment d’idée concrète des situations de terrain. Grâce à cette année, je suis désormais sûr de mes choix et de mes envies post-diplôme. Je sais quelle voie je dois emprunter et ce que je dois faire pour atteindre mes objectifs. J’ai aussi appris beaucoup de nouvelles techniques de laboratoire, acquis de l’expérience, de l’assurance dans la chimie ainsi que de nouvelles connaissances que je vais pouvoir mettre à profit dans la suite de mon parcours.