Quelques témoignages

CLEMENT CHAGNAUD

STAGE AU scientific computing and imaging institute, USA : 

SCIENCES DU NUMERIQUE



 


J’ai d’abord suivi deux ans à la prépa intégrée de CPE Lyon, pour ensuite intégrer la filière ETI. J’ai choisi en année 4 la majeure Image, Modélisation et Informatique fraîchement mise en place.


Au Scientific Computing and Imaging Institute (le SCI pour les intimes)de Salt Lake City, j’occupe un poste d’assistant de recherche. J’ai pourtant mon propre projet qui s’inscrit en tant qu’extension d’une étude en cours de publication. Dans le cadre du projet IBIS (Infant Brain Imaging Study) créé par l’ACE (Autism Center of Excellence), le SCI a été “mandaté” pour réaliser une étude sur le corps calleux (partie liant les deux hémisphères) lors de la croissance du cerveau chez le nourrisson. Mon maître de stage mène, entre autres, cette étude avec de nombreux chercheurs qui souhaitent mettre en évidence d’éventuelles anomalies dans la forme du corps calleux lors de sa croissance chez des nourrissons à hauts risques de contracter l’autisme par la suite. Cette étude est maintenant achevée et sa publication est en cours de rédaction.L’étude se poursuit actuellement et je travaille sur cette extension qui concerne notamment les fibres neuronales qui traversent ce corps calleux. Je suis chargé de créer un software (logiciel) permettant de mettre en évidence les fibres qui traversent le corps calleux en fonction de la région du corps calleux qu’elles traversent. Il s’agit également de définir les zones du cerveau qu’elles relient pour en tirer des conclusions quant à l’influence des anomalies détectées précédemment sur l’implantation des fibres lors de la croissance du cerveau chez le nourrisson.


Mon principal contact professionnel n’est pas mon maitre de stage, mais mon manager, qui est un ancien de CPE Lyon avec lequel je communique donc en français. Néanmoins les quelques réunions avec mon maitre de stage se font en anglais. Je suis en collocation avec deux américains avec qui il faut bien communiquer en anglais, et même si on est pas expert on apprend vite ! 


Il n’a pas été très difficile d’intégrer le SCI puisqu’un partenariat existe entre eux et l’école, c’est un stage qui est proposé chaque année aux étudiants d’année 4 depuis quelques temps déjà, et qui s’adresse aux ETI intéressés par l’imagerie. J’ai donc postulé via CPE, et j’ai été pris.


On connait les Etats-Unis surtout via ses célèbres villes telles que New-York, Los Angeles ou Miami mais on oublie que c’est avant tout un pays immense, traversé par énormément de grands espaces et de paysages différents à découvrir et c’est ça qui m’a attiré avant tout. L’Utah est souvent (et à juste titre) associé aux Mormons ou, très exactement, à l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. Il est vrai que Salt Lake City est le fief de cette confession et on peut y admirer le Temple qui trône au milieu du centre ville, cependant les pratiquants savent se faire discrets et ne se distinguent pas du reste de la population. Mais ce n’est qu’une facette de l’Utah, en effet cet état possède bien d’autres atouts tels que ses montagnes qui entourent Salt Lake City et qui offrent une dizaine de stations de ski à moins d’une heure du centre ville et où la neige y est vraiment bonne, d’ailleurs “the greatest snow on earth” est l’un des slogans de l’état (rien que ça !). Mais l’Utah c’est aussi pas moins de 5 parc nationaux facilement accessibles tous aussi splendides les uns que les autres et qui nous rappellent un certain nombre de films américains. L’Utah c’est le neck plus ultra des USA pour s’évader !



Ici mon mode de vie n’est pas du tout le même qu’en France et c’est aussi déroutant qu’intéressant car il faut s’adapter, explorer de nouvelles choses et découvrir une nouvelle culture. De plus, mes capacités de communication en anglais se sont considérablement améliorées depuis que je suis ici et j’ai pu faire énormément d’activités que j’aurais jamais pu faire à Lyon. Cette expérience est plus que bénéfique, elle est enrichissante humainement. Elle favorise l’ouverture et le partage avec les locaux mais elle permet également d’appréhender une vision du monde différente.


Professionnellement, j’ai compris que la recherche n’était pas un secteur pour moi ! Et oui c’est également à ça que sert une année de césure, elle permet de savoir ce que l’on aime et ce que l’on n’aime pas. Pour ma part, même si le domaine dans lequel j’évolue m’intéresse énormément, le mode de travail du chercheur ne me convient pas vraiment.
En bref, je conseille fortement de faire une césure, peu importe la destination, c’est avant tout une aventure inédite qui permet de se construire humainement et professionnellement au travers des différentes rencontres et expériences qui occupent cette année. Est-ce que c’est difficile de ne pas avoir ni cours ni partiels pendant un an ? Étonnamment ce n’est pas ce qu’il me manque le plus, non. Est-ce que ça va être dur de reprendre ? Je vous dirais ça quand j’aurais repris !