Rencontre avec Mathilde, en césure chez Bayer à Düsseldorf

Mathilde Mota, étudiante à CPE Lyon en filière Chimie – Génie des Procédés a réalisé son année de césure chez Bayer CropScience en Allemagne à Düsseldorf. Elle a travaillé en formulation, sur des insecticides destinés à protéger les populations des zones infectées par le paludisme. Elle revient avec nous sur son expérience…

Je m’appelle Mathilde, j’ai commencé mes études supérieures par 2 années en IUT Chimie à Montpellier. J’y ai découvert le monde de la chimie et commencé à m’intéresser au domaine de la formulation, avant d’intégrer CPE Lyon et la filière Chimie – génie des procédés.

Ayant déjà eu l’occasion de découvrir la culture allemande par le biais de connaissances personnelles et sachant que l’Allemagne est à la pointe dans le domaine de la chimie, il n’y avait pas de doute pour moi : ma césure se ferait là-bas. J’ai travaillé pendant un an chez Bayer CropScience, en Allemagne, près de Düsseldorf.

Bayer est une entreprise qui me faisait rêver et le sujet du stage a confirmé mon envie d’y travailler. Il s’agissait de prendre part à un projet nommé « Innovative Vector Control Consortium » (IVCC), qui lutte contre le paludisme. Je faisais partie d’une équipe de recherche et développement pour la formulation d’insecticide contre les moustiques vecteurs de la maladie. Concrètement, il existe deux façons de protéger les populations : pulvériser un insecticide sur les murs des maisons et/ou utiliser une moustiquaire imprégnée d’insecticide. J’étais donc en charge de réaliser les deux types de formulation pour ces deux protections.

 Le but de ma mission a été de trouver une nouvelle matrice dans laquelle intégrer l’insecticide pour réaliser ensuite une formulation stable, dont l’activité atteindrait 100% sur les moustiques.

Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant dans ce projet était la diversité des tâches associées. Le fait de travailler sur deux types de formulation différents engendrait des techniques, des analyses physico-chimiques et tests différents. Évidemment, j’ai réalisé un nombre incalculable de formulations avant d’en obtenir qui soient viables. Lorsqu’une formulation a passé les premiers tests de stabilité, elle est envoyée au service de biologie pour la tester sur des moustiques types porteurs du paludisme. Cette partie était plutôt excitante parce que j’attendais chaque semaine les résultats des tests biologiques ! Cela me permettait d’évaluer si j’allais dans la bonne direction ou si ma nouvelle formulation, même stable, n’avait aucun effet sur les moustiques.

J’avais également un petit atelier pour produire en miniature des modèles de moustiquaire à l’aide d’une extrudeuse et une machine pour les imprégner de ma formulation associée.

J’ai adoré ne jamais avoir de routine. J’étais très autonome dans la gestion et l’organisation de mes tâches. Le projet avançait au fil des nouvelles formulations, des tests, des rendez-vous avec des spécialistes pour éclairer certains points, de la disponibilité des services et des appareils associés pour certaines analyses, des tests biologiques sur les moustiques.

Ce projet a été très formateur pour moi. Je l’ai vraiment vu avancer et évoluer. En une année, je suis passée de quelques milligrammes de formulation à quelques centaines de grammes. Ce changement d’échelle progressif est assez impressionnant. J’ai réussi à trouver une matrice qui puisse correspondre à l’insecticide et réalisé une formulation qui a dépassé toutes mes espérances au niveau de la stabilité et de l’efficacité sur les moustiques.

Sur place, les allemands ont été très accueillants et toujours à l’écoute. La notion de hiérarchie était moins présente qu’en France. Je n’ai jamais ressenti l’autorité ou la supériorité de qui que ce soit. J’ai pu proposer mes idées et mon point de vue très facilement à mes supérieurs. Cela m’a permis de prendre des initiatives et de mener mon projet comme bon je l’entendais. Ils valorisent les compétences de chacun et aspirent à une ambiance de travail agréable et sans stress.

Cette année de césure m’a énormément apportée, tant sur le plan professionnel que personnel. J’ai confirmé mon goût pour la formulation, associée à la biologie. J’ai pris confiance en moi, développé mes qualités relationnelles et beaucoup progressé en allemand. J’ai pu m’immerger dans la culture allemande et découvrir les différentes régions du pays. Düsseldorf est une ville où il fait bon vivre et toujours très animée. J’ai particulièrement aimé la période de Noël avec ses marchés féériques, et la semaine du carnaval («Karneval») avec son ambiance traditionnelle et déjantée.

Finalement, cette année m’a vraiment fait évoluer et je garderai en tête tous ces souvenirs à vie. Le seul cliché que je confirme à propos des allemands est la consommation importante de bière et de saucisses ! J’ai également joué le jeu, comme le confirme ma photo !